Le Cameroun

Situation géographique

Superficie: 475 442 km²

Capitale: Yaoundé

Villes principales: Douala, Yaoundé, Bafoussam, Garoua, Maroua, Dschang

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Au creux du Golfe de Guinée, le Cameroun fait la jonction entre l’Afrique Centrale et l’Afrique de l’Ouest. Sa situation géographique explique la variété de ses paysages, climats et population. Le Cameroun est un «condensé de l’Afrique», «une Afrique en miniature».
Avec une superficie de 475 440 km², le Cameroun est bordé au nord-ouest par le Nigéria, au nord par le Tchad, à l’est par le République Centrafricaine et au sud par le Congo, la Guinée équatoriale et le Gabon.

Le milieu naturel du Cameroun est très diversifié avec des écosystèmes multiples. Le pays est constitué de quatre grandes régions géographiques :
- La région littorale, large d’une centaine de kilomètres au nord, se rétrécit vers le sud pour former une côte basse et sablonneuse présentant une échancrure profonde, la baie de Douala. Au sud de cette ville, la côte est le domaine des palétuviers et, plus au sud, elle se caractérise par de belles plages.
- Le plateau central, s’étend d’ouest en est. Le plateau de l’Adamaoua (1000 à 1500 mètres) descend en pente douce vers la vallée de la Sanaga au sud, et s’effondre brusquement au nord sur le bassin de la Bénoué. Presque tous les fleuves qui sillonnent le Cameroun prennent naissance dans l’Adamaoua.
- Le nord-Cameroun, vaste région de plaine et de savane, bordée au nord-ouest par des montagnes de types volcaniques, fait progressivement place, en direction du nord-est, à la dépression du lac Tchad.
- Les montagnes de l’ouest (région d’implantation du projet de tourisme intégré) se raccordent au plateau central de l’Adamaoua par une vaste zone d’anciens volcans (où les monts Bamboutous, Manengouba…dominent à plus de 2000 mètres d’altitude) : plateau Bamiléké, plateau Foumbam, plateau Bamoun, massif du Mandara. Cette région se prolonge par le Cameroun occidental où le Mont Cameroun culmine à 4070 mètres

Principaux indicateurs

  • Population totale: 20 millions
  • Indice de développement humain : 0,48 – 150 sur 187 pays
  • Espérance de vie à la naissance : 51,6 ans
  • Taux d’alphabétisation (15 ans et plus) : 70,7%
  • Population ayant moins d’1,25$ par jour (seuil international de pauvreté): 10%
  • Population ayant moins d’1$ par jour : 32,8%
  • Croissance démographique : 2,3% par an (2005-2015)
  • PNB : 23,40 mds $
  • PIB par habitant en US $ : 1 116
  • PIB par habitant en US $ (en PPA) : 2 128
  • Taux de croissance : 4,1%
  • Taux d’inflation : 2,5%

Sources :

  • Institut National de la Statistique au Cameroun
  • Banque Mondiale, 2011, (World Development Indicators)
  • Rapport Mondial sur le Développement Humain, 2011
  • Statistiques de la BAD, 2011

Quelques repères historiques

  • 1884 : le Cameroun devient un protectorat allemand.
  • 1916 : les troupes françaises et anglaises chassent les colonisateurs allemands.
  • 1918 : le Cameroun est divisé en deux territoires dont la France et le Grande-Bretagne sont désignées comme mandataires.
  • 1er janvier 1960 : accession du Cameroun oriental à l’Indépendance.
  • 1er octobre 1961 : naissance de la République Fédérale du Cameroun. Ahmadou Ahidjo devient Président de la République.
  • 1972 : l’Etat Fédéral est transformé en République Unie du Cameroun.
  • Novembre 1982 : Paul Biya.devient Président de la République
  • Avril 1988 : Paul Biya est réélu Président de la République.
  • Octobre 1992 : Paul Biya est réélu pour la troisième fois Président de la République.
  • Janvier 1994 : dévaluation de 50% du Franc CFA.
  • Janvier 1996 : premières élections municipales
  • 12 Octobre 1997 : réélection de Paul Biya
  • 11 octobre 2004 : 5ème réélection de Paul Biya

Sous protectorat allemand en 1884, le Cameroun est placé sous mandat français et britannique par la Société des Nations après la première guerre mondiale.
Le 1 janvier 1960, la partie française, connue sous le nom de «Cameroun oriental» accède à l’indépendance sous la nouvelle appellation de «République du Cameroun». L’Assemblée Nationale est mise en place et Ahmadou Ahidjo est élu Président de la République. Sa politique vise alors un double objectif : le renforcement de l’Etat et l’unité nationale.
Par référendum du 11 février 1961, sous la supervision des Nations Unies, la population du Cameroun occidental anglophone a massivement voté pour l’indépendance et l’unification avec la République du Cameroun.
Après l’unification du pays le 1er octobre 1961, le Président Ahidjo crée un Etat Fédéral qui se transforme, en 1972, en « République Unie du Cameroun ». Il se retire le 4 novembre 1982. Paul Biya, son premier ministre, lui succède à la tête du pays.
Par un décret présidentiel de 1984, le Cameroun devient «République du Cameroun».

Statut politique

Le Cameroun est une république avec un régime de type présidentiel. La constitution de 10 janvier 1996 qui a transformé la «République Unie du Cameroun» en «République du Cameroun» a permis la création de collectivités locales et d’un sénat.
Le Président de la République est élu pour 5 ans au suffrage universel direct, il est assisté d’un premier ministre. L’Assemblée Nationale (180 députés) est élue pour 5 ans, également au suffrage universel direct.
Il existe plus de 150 partis politiques, le SDF (Social Democratic front) étant le principal parti d’opposition. La présence du multipartisme témoigne de la démocratie naissante même si le parti du Président, le RDPC (Rassemblement Démocratique du Peuple Camerounais), reste prépondérant.
Le Cameroun est divisé en 10 provinces administratives, elles-mêmes subdivisées en 58 départements.

Climat

Deux grandes saisons rythment le climat : une saison des pluies (d’avril à novembre) et une saison sèche (de novembre à avril).
Au nord, dans la zone soudano-sahelienne, les steppes, les savanes constituent la végétation. Le climat est chaud et sec.
Au sud, la forêt dense prédomine et le climat est chaud et humide.
A l’ouest, où se trouve N’Tsingbeu, la végétation est moins dense. Le climat est plus tempéré grâce à l’altitude. Les températures sont agréables toute l’année.

La population est estimée à plus de 19 millions d’habitants avec une mosaïque ethnique et culturelle très développée, comprenant plus de 250 ethnies .La population est jeune, à fort taux de croissance (2% par an). La densité est de 39,71 habitants par km² avec une population en majorité urbaine (58,4%) vivant dans une pauvreté relative, limitant l’accessibilité financière aux soins de santé. L’espérance de vie est estimée à 50 ans.
Les flux migratoires actuels se traduisent par un mouvement général des campagnes vers les villes. La croissance de la population urbaine est de 6,5% par an.

Langues

Le Cameroun compte plus de 240 ethnies, réparties en trois grands groupes : Bantous, Semi-Bantous et Soudanais.
Les ethnies les plus représentées sont les Fangs (19,6%), les Bamilékés et les Bamouns (18,5%), les Doualas et les Bassas (14,7%), les Peuls (9,6%).

Pays bilingue, le Cameroun comprend une partie francophone (8 provinces) et une partie anglophone (2 provinces, environ 20% de la population). Le Français est utilisé dans l’ensemble du pays, l’anglais essentiellement dans les provinces du nord-ouest et du sud-ouest.
Près de 200 langues vernaculaires sont parlées. Aucune ne peut être considérée comme dominante.

Religions

Le Cameroun est un Etat laïc. Chacun peut pratiquer le culte de son choix.
- Catholiques : 34,7 %
- Religion traditionnelle animiste : 26 %
- Musulmans : 21,8 %
- Protestants : 17,5 %

Economie

Quelques repères:

  • PIB, méthode Atlas (US $) : 25,46 mds
  • RNB par habitant, méthode Atlas (US $) : 1 150
  • RNB par habitant, PPA (international $) : 2 190
  • PIB par habitant, méthode Atlas (US $) : 1 263
  • PIB par habitant, PPA (US $) : 2 205
  • Taux de croissance : 4,1 %
  • Taux d’inflation : 2,9%

Sources :
• Banque Mondiale, 2011
• Rapport Mondial sur le Développement Humain, 2011
• Statistiques de la BAD, 2011

Outre les atouts que constituent notamment sa position géographique (principale voie d’accès pour les pays limitrophes enclavés) et l’existence d’une classe d’entrepreneurs dynamiques, l’économie du Cameroun dispose de nombreuses ressources agricoles (bananes, cacao, café, coton, produits vivriers…), forestières et pétrolières et minières. La variété de ses climats et la fertilité de ses terres valorisent son potentiel agricole et forestier. Sa faune et sa flore très riches, sa culture diversifiée et originale se prêtent au développement du tourisme.
Le Cameroun, richement doté en ressources naturelles et disposant d’un appareil de production diversifié, a connu un taux de croissance annuelle de 7% en moyenne entre 1960, date de son indépendance et 1985.
Jusqu’en 1978, l’agriculture était la principale source de croissance et de recettes en devises, puis à partir de cette date, la production pétrolière a démarré et est rapidement devenu le moteur de la croissance économique. Mais la situation s’est ensuite dégradée. En effet, l’économie camerounaise n’a pas échappé au syndrome pétrolier qui l’a entraînée à partir de 1986 dans un cycle récessif profond avec une forte baisse du Produit intérieur brut : moins 30% entre 1985 et 1993. Les termes de l’échange avec l’extérieur ont diminué de 60% jusqu’en 1993 à la suite de l’effondrement des cours du café, du cacao et du pétrole.
Ce déclin économique s’est accompagné d’une aggravation de la pauvreté, les paysans pauvres ayant essuyé de plein fouet la chute des prix à la production et l’Etat ayant réduit ses dépenses de santé et d’éducation. La classe moyenne, qui était l’une des plus importantes de l’Afrique subsaharienne, a vu ses effectifs diminués fortement.
En 1988, le gouvernement a lancé un programme de réforme économique appuyé par le Fonds Monétaire International (FMI) et la Banque Mondiale pour rationaliser les dépenses publiques, restructurer les entreprises et les banques, libéraliser les cultures d’exportation et déréglementer le commerce intérieur. Les réformes structurelles ont finalement eu peu d’impacts et, surtout, la stratégie d’ajustement interne a échoué. La politique et la gestion économiques ont continué de se dégrader après 1989 par suite du manque d’adhésion à la réforme économique et des effets pervers de l’instabilité politique et des crises sociales dues à la chute brutale des revenus.
C’est la dévaluation du Franc CFA, en janvier 1994, qui, en relançant la compétitivité des filières agricoles, a permis au Cameroun de renouer avec la croissance, même si cette dévaluation va avoir un effet dévastateur sur le pouvoir d’achat des populations camerounaises.
Fin 1996, le Cameroun change de cap et s’engage à lancer un programme de réformes structurelles et de mesures macroéconomiques prudentes. Grâce à ces réformes du secteur public (foresterie, transport, système bancaire et privatisation des services collectifs et de grandes entreprises publiques) appuyées par le FMI et la Banque mondiale, la situation économique s’améliore. Le Cameroun, en avril 2006, atteint le point d’achèvement de l’Initiative renforcée en faveur des pays pauvres très endettés (PPTE) et est admis à bénéficier d’un allégement supplémentaire de sa dette envers le FMI, l’Association internationale de développement et le Fonds africain de développement dans le cadre de l’Initiative d’allégement de la dette multilatérale .
Le PIB du Cameroun représente 36% de celui de la CEMAC (Communauté Economique et Monétaire d’Afrique Centrale dont font partie 6 pays : le Cameroun, la Guinée Equatoriale, Le Gabon, la Centrafrique, le Congo – Brazzaville et le Tchad). Le pays dispose d’un poids économique considérable en Afrique Centrale.
Le secteur agricole emploie près de 70% de la population active et représente 40% des recettes d’exportation. Il reste une part importante de l’économie camerounaise (20% du PIB). La culture des produits vivriers a connu ces dernières années une croissance marquée aux dépens des cultures de rente (ceci étant dû à la baisse des cours mondiaux).
Le secteur des mines et de l’industrie occupe près de 13% de la population active et contribue pour 33% du PIB du pays. Le Cameroun est pourvu de gisements et de réserves de fer, de bauxite et de pétrole. Les ressources pétrolières même si en déclin, représentent encore la principale ressource de son sous-sol (50% des exportations du pays). Quant à la production industrielle, elle s’articule essentiellement autour du raffinage du pétrole, de l’exploitation et de la transformation du bois, de l’agro-alimentaire.
Enfin, le secteur tertiaire, qui intègre en particulier le secteur informel, emploie une grande partie de la population active (17%) notamment en zone urbaine. Ce secteur représente 48% du PIB.
L’économie du Cameroun dispose donc de nombreux atouts. Mais, la croissance économique a ralenti (environ 3% par an pendant la période 2001-07) en raison principalement du report des réformes sur l’environnement des affaires, de la restructuration des entreprises publiques, de la rapide diminution de la production pétrolière, et de la baisse de l’offre d’électricité qui a eu des effets négatifs sur l’activité industrielle. Par ailleurs, la croissance urbaine, mal maîtrisée (occupation anarchique de l’espace, mauvais état des voiries, problèmes d’environnement urbain…), constitue aussi un frein à la croissance et entraine une détérioration des secteurs de base tels que la santé et l’éducation, fragilisant ainsi le capital humain. La croissance anémique et la hausse des prix de quelques produits de base sont à l’origine des tensions sociales et des revendications de février 2008. Par ailleurs, la crise financière internationale a durement frappé cinq secteurs de l’économie camerounaise : l’aluminium, le bois, le caoutchouc, le coton et le pétrole brut. Selon le ministre des Finances, l’économie du Cameroun devrait enregistrer sa plus mauvaise performance en 2009 depuis plusieurs années.
Les progrès à accomplir au Cameroun restent immenses et sont urgents lorsque l’on sait que les pauvres constituent encore plus de 50% de la population. Il faut bâtir un modèle de développement économique capable de créer la richesse, la valeur ajoutée, de résorber le chômage et de réduire les inégalités : une économie à visage humain capable d’assurer l’équité, de sauvegarder l’environnement et de protéger les droits des générations futures.

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